La nourriture addictive: un concept ou la réalité?

Là fois où j’ai mangé mes émotions… une fois de plus! 

 

J’ai tombé dans un nid-de-poule ce matin, un nid d’autruche serait le terme approprié selon moi! Vive les rues de Montréal. Une crevaison que vous vous dites, pas trop problématique! C’est juste que ce soit la huitième cette année! Ouf! Je n’ai pas osé le dire à mon mari encore! Va-t-il partir en courant ? Peut-on vraiment quitter quelqu’un pour ça 😉 Un signe de la vie, sûrement! Huit beaux signes de la vie! Une chance que mon frère est mécanicien. J’ai le droit à quelques blagues, mais ça coûte moins cher! Bref, en ce beau lundi matin, la madame arrive au bureau et elle n’était pas contente !

 

Alors, quoi de mieux que de prendre un latté un peu trop sucré (dans mon cas, c’est un matcha! Ya! ) avec une brioche aux framboises pour se remettre sur le piton! Vous vous dites sûrement un thé vert ça ne doit être pas si pire. Mon super matcha latté rempli d’antioxydants contient du sucre en quantité industriel! Décevant… Au départ, je ne m’en doutais pas du tout. Il était justement tellement meilleur que celui de la maison. J’ai demandé à plusieurs occasions s’ils ajoutaient du sucre dans le breuvage et la réponse était toujours non. Après une longue fin de semaine de congé, j’ai commandé mon breuvage préféré au petit café du bureau et à la première gorgée, j’ai réalisé que c’était certain que ce merveilleux matcha était sucré. Il y a une trop grande différence avec celui de la maison. Je ne suis pas une barista, mais quand même! La différence était flagrante après avoir consommé un matcha sans sucre pendant quatre jours. Et oui, j’en prends presque à tous les jours. Vous vous rappelez les antioxydants, voilà! J’en ai plein! Donc, j’ai demandé délicatement à la barista de me montrer le sac original de mon thé préféré! Ouf! Mon coeur a lâché… il y a près de 40 grammes de sucre dans mon géant matcha latte au lait d’amandes ! Pourquoi se contenter d’un petit quand on peut avoir le format qui dure jusqu’au dîner…. Donc, j’ai réalisé à ce moment que je prenais la même quantité de sucre qu’une barre de chocolat Mars, à chaque fois que je buvais mon liquide préféré! Pas étonnant que lorsque je suis un peu down, mon matcha me remonte le moral rapidement!

 

 

Et ça marche tellement! Par contre, je vous l’avoue, je n’aime pas ça quand je mange des sucreries. C’est une mauvaise habitude que j’avais depuis plusieurs années, le sucre me met de bonne humeur! Que voulez-vous, le sucre, c’est ma drogue! Oui, oui, j’en suis dépendante! Sans blague, j’ai lu plusieurs recherches et ce n’est pas techniquement une drogue, mais plus une dépendance comportementale. Scientifiquement parlant, les spécialistes des troubles du comportement alimentaire ont conclu qu’aucun aliment ne remplit les critères de substance addictives. Donc, même s’il semble que c’est un mythe, il n’en reste pas moins qu’un processus addictif est présent dans mon cas et celui de milliers de personnes. Que ce soit, les chips, les lattes sucrés ou les barres de chocolat, il peut être difficile de résister. Il s’agit là de ce qu’on appelle une addiction comportementale. Devrais-je le marquer sur ma carte d’autobus. vous pensez? Attention dépendante au latté sucré et brioche aux framboises! Interdiction d’aller dans les cafés du Québec ….

 

Chez certaines personnes, plus elles consomment le dit plaisir, plus elles en veulent. De mon côté, quand j’essaie d’arrêter, j’y pense sans cesse! Je parle toujours de moi ici et de mes comportements. Par exemple, le mois passé, je me suis mise au défi de ne pas boire de vanille française ou matcha latté sucré pour un mois. Ça m’a pris (sans exagération!) presque 20 jours pour arrêter d’y penser à tous les jours! Juste parce que je me disais non (pour le plaisir du défi), c’était une obsession! Je comprends que ce n’est pas de l’héroïne que je consomme, mais j’ai vraiment un malaise quand je passe devant un Tim Hortons et je sens physiquement une réaction!

Alors, êtes-vous, vous aussi dans la même situation ? Avez-vous hâte à la pause de l’après-midi pour prendre un croissant aux amandes ? Ou simplement aller à la réunion du vendredi matin car votre gestionnaire amène toujours des beignes ? Franchement, on n’a pas le choix d’en prendre un car on aurait l’air de quoi ? Ces excuses que l’on accepte ou se donne sans vraiment s’en rendre compte cachent peut-être une dépendance comportementale? Posez-vous la question ! Allez, posez-vous là ! Quoi! je voulais être certaine que vous m’écoutiez.

Et quoi faire maintenant si vous vous reconnaissez dans ma situation? Si vous avez de la misère à perdre du poids à cause de toutes ces mauvaises habitudes que vous avez ? D’autres recherches démontrent que notre cerveau crée des circuits (donc des habitudes) et qu’il faut plus que juste de la volonté pour changer. Effectivement, lorsque le cerveau a compris que la meilleure solution quand vous êtes malheureux, est de vous donner de la nourriture sucrée, il fera tout pour vous rendre heureux. Donc, vous trouver une chocolatine dans ce petit café que vous aimez bien, pas trop loin de chez vous! Avec un matin si occupé avec les enfants, ça fait du bien de se gâter un peu…. Et hop, un café latté et une chocolatine pour emporter… Et dire que vous vouliez commencer à mieux manger en 2019.

 

SOLUTIONS

Alors regardons maintenant les solutions possibles lorsque vous réalisez que nous sommes dans la même équipe ! Où êtes-vous dans l’équipe du sac de croustilles du samedi soir ? J’ai déjà joué dans cette équipe là aussi! Je suis remplaçante encore de temps en temps! Bref, ne vous en faites pas, c’est possible de changer nos habitudes si on le veut vraiment et si on reste concentré sur nos objectifs.

 

1) Planifier sa nourriture et manger plus d’aliments complets et non transformés

Le corps a des envies de ce qu’il mange! Donc, plus on mange sucré, plus on a le goût d’en manger, même chose pour les légumes. Honnêtement, c’est peut-être difficile à croire, mais depuis plusieurs années, si je ne mange pas assez de légumes dans ma journée, je le ressens rapidement. Mon corps s’est habitué à cette qualité de nourriture et il en redemande. Donc, planifiez vos repas pour la semaine et des collations santés pour éviter de succomber aux pâtisseries du bureau. On essaie de cuisiner le moins transformé possible pour diminuer le sel, gras et sucre inutile. Il est prouvé scientifiquement que les rages de sucre et sel diminuent lorsqu’on mange le moins transformé possible. Comme les rages sont difficiles à résister, il est très rassurant de savoir qu’elles sont contrôlables. Je suis consciente que de dire non aux opportunités qui se présentent n’est pas toujours facile non plus. Il m’arrive de devoir dire non plusieurs fois à une personne pour un biscuit au chocolat alors imagine si en plus le tout arrive lors d’une rage de sucre. Combinaison fatale! Kaboum!

2) Être capable de se ressaisir rapidement

Quand je mange mes émotions, j’essaie de ne pas me sentir coupable et d’accepter le moment, d’apprécier le plaisir du moment! Dans le passé, je me disais : Bah! La journée n’est déjà pas bonne alors aussi bien, avoir du plaisir! Et bam! Je prenais une deuxième vanille française ou des biscuits. Plus maintenant, je me dis, ok fille, tu en avais besoin et maintenant reprends le droit chemin. Par contre, on s’entend que ce n’est pas dangereux pour ma santé, je n’ai aucune maladie. J’ai déjà beaucoup travaillé sur moi-même et ce comportement. Je reconnais facilement les signes quand je ne vais pas bien et que je recherche le plaisir dans la nourriture. Je sais que j’ai besoin de prendre du temps pour moi. Ce qui m’amène au point suivant.

3) Trouver des solutions alternatives

Lorsque notre cerveau cherche une solution à notre malaise, il va directement à ce qui a fonctionné dans le passé. Donc, vous devez aider votre cerveau à forger de nouveaux circuits. On doit trouver des solutions alternatives étant donné que manger nos émotions est une solution trop coûteuse pour notre santé. ll faut se rappeler les désavantages de cette solution : le sucre me rend fatiguée en fin de journée et donc impatiente avec mes enfants. par exemple. Donc, gérer ses émotions sainement et prendre du temps pour soi est souvent la solution idéale. Par contre, s’il arrive une mauvaise nouvelle au bureau, il est difficile de quitter pour aller se faire masser. Malheureusement, car je trouve l’idée fantastique!

Bref, il faut trouver des solutions rapides, efficaces et peu compliquées. Quelques exemples : jouer sa chanson préférée de Demi Loveto (quoi, pas de jugement, chacun ses goûts!), écouter un vidéo de son youtubeur préféré ou simplement allé respirer dehors en faisant le tour du bloc. Il faut se changer les idées! J’aime aussi aller me faire un thé noir ou prendre une gomme. Ça occupe mon mental et me permet de passer à autre chose.

Et vous, mangez-vous vos émotions ? Venez me consulter pour en parler. En tant que naturopathe diplômée, je peux vous aider à gérer cette situation. De plus, je peux vous aider à avoir une relation saine avec la nourriture et à devenir pleine de vitalité!

 

Lectures complémentaires :

  • Écoute et mange : stop au contrôle ! par Lise bourbeau

J’ai beaucoup aimé ce livre et cette lecture m’a permise de me rendre compte que je n’aimais pas souvent la nourriture que je mangeais. Je ne me rendais simplement pas compte que je mangeais par nécessité et que le plaisir n’y était pas. Maintenant, j’ai trouvé le type de cuisine qui me convient parfaitement.

  • Les femmes, la nourriture et Dieu : par Geneen Roth

Madame Roth a travaillée et enseignée les problèmes reliés à manger les émotions toute sa carrière. Elle apporte une perspective très complète sur le sujet et nous fait voir ce que cette problématique dit vraiment sur nos pensées et notre façon de voir la vie.

 

 Références :

 

  • McGill : Office for science and Society (20 mar 2017). [article].Consulté le 21 avril 2019.
    https://www.mcgill.ca/oss/article/health-you-asked/sugar-addictive